Quand le monde vacille
Il y a 5 ans, ma ville était sous eau.
Dans mon ventre, mon enfant tardait à venir.
Je vous laisse imaginer le tsunami d'émotions. Mon éco-anxiété constatait les faits. Ma raison qui me disait que les élans de coopération qui s'organisait déjà (juste à côté de mon entreprise!) et qu'aller aider alors que j'avais dépassé mon terme, avec le covid qui trainait encore, n'était certainement pas une bonne idée. Mon corps, lui, commençait à redouter un déclenchement en milieu hôspitalier avec toute la cascade d'interventions qui risquait de suivre.
Aujourd'hui, notre maison, le vieux continent, brûle.
Certains jours, c'est un tsunami d'émotions. D'autres, c'est le néant. Rien. Je ne ressens rien, je dois me couper de tout. Des infos, de la vue sur les prairies jaunes, de mes peurs et angoisses.
Vous les lisez probablement comme moi tous ces articles de maraîchers, d'éleveurs, d'agriculteurs,... totalement démunis et inquiets pour la suite.
Et tout le reste.
La charge mentale de penser aux plus fragiles, d'adapter les vacances, les repas, la maison. De tenter l'impossible : garder une maison fraîche alors que cette maison est dans un four.
Les violences intrafamiliales augmentent, principalement envers les femmes et les enfants. Cet énorme dossier s'ajoute aux autres dossiers de VSS de ces derniers mois (Epstein, Lyhanna,...), celui des écoles, et tout ceux qui vous concernent et que j'ai loupé parce que, à un moment, faire l'autruche, c'est survivre.
Des outils de gestion des émotions, du stress, j'en ai plein. Des tonnes. Mais certains soirs ou certains matins seule avec mon café, je pleurs. Parfois quelques larmes. Parfois un torrant. Je pense à hier, à aujourd'hui, à demain. Je pense à ces personnes qui me disent sans honte qu'elles vont en Italie en avion cet été. Et à mes amis, souvent rencontrés dans des lieux et des évènements magnifiques de coopération, de transition, de création d'un nouveau Demain, qui pleurent comme moi.
J'ai vu passer un article parlant de l'éco-anxiété. A quel point elle nous dessert et sert "le système". Que l'éco-colère serait plus appropriée car elle, elle ne fige pas, elle met en mouvement. À méditer.
Mes outils, ils sont efficaces. J'avoue, ils sont parfois des sparadraps sur un cancer vu la situation et vers où on va, mais... Pleurer fait du bien. Ressentir TOUTES les émotions fait du bien. L'importance, c'est que la peur, l'anxiété, nous traversent. Viennent et partent pour laisser la place aux autres. À la joie de voir votre chien se rouler dans l'herbe, de voir votre enfant manger sa 100ème glace cet été, d'un repas partagé, d'un coucher de soleil,... Que vous puissiez rire. Encore et encore. Et ça, je dois bien vous l'avouer, sans mes outils de kinésiologie, je serai probablement, comme je l'ai déjà été, bloquée dans la peur, figée comme une biche devant les phares d'une voiture, tétanisée.
On sait vers où on va. On le sait depuis longtemps. Et on peut choisir la manière dont on se rend dans le mur. Sans partir en mode cigale et envoyer tout valser (vous connaissez mon amour pour le Lagom, cette recherche du ni trop, ni trop peu), je décide de laisser la place aux rires, aux temps entre amis, en famille, de continuer ma part de Colibri, de renforcer les réseaux, de faire en sorte que cette angoisse ne me tétanise pas. Surtout, je décide de ne pas laisser cette angoisse, ce sentiment d'impuissance décider de ma vie à ma aplce.
Ca te parle ? Surtout, ne reste pas dans ton coin. Contacte un ami ou écris-moi. On en parle.
- L'aspect financier ne doit pas être un obstacle. Parlons-en librement… -
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